Cabinet du Dr Brigitte Picandet

Nouvel éclairage sur les vertus du chocolat

Alors que certaines personnes, préoccupées par leur poids, culpabilisent à l’envi dès qu’elles consomment un carré de chocolat, d’autres à l’inverse, observent, études scientifiques à l’appui, que cet aliment contient des composants manifestement bénéfiques pour la santé.

Ces composants, les flavanols, appartiennent à la famille chimique des flavonoïdes, ils sont également dénommés selon les publications « catéchines », « proanthocyanidines » voire autres noms encore plus compliqués.

Une étude publiée récemment a comparé les effets de trois boissons chocolatées, plus ou moins riches en flavanols. Ces boissons étaient ingérées à raison d’une fois par jour pendant 8 semaines par 90 sujets volontaires répartis en trois groupes de 30. Le groupe HF (« Haute » concentration en flavanols) recevait ainsi 993 mg/jour ; le groupe intermédiaire IF recevait 520 mg/jour et le dernier groupe BF (« Basse » concentration en flavanols) recevait 48 mg/jour. Tous les autres apports nutritionnels étaient identiques. Les volontaires étaient des personnes âgées de plus de 65 ans (âge moyen 70 ans), en bonne santé mentale, non-fumeurs, non-obèses, et sans pathologie évolutive.

L’objectif de l’étude consistait à évaluer un éventuel effet des flavanols sur les performances intellectuelles, pour cela 4 tests psychométriques à savoir le MMSE (Mini Mental State Examination), la fluence verbale, et deux tests de rapidité d’exécution de tâches étaient réalisés avant et après la période de 8 semaines considérée. Etaient également mesurés des paramètres biologiques de nature métabolique (sensibilité à l’insuline, lipides circulants) et des paramètres cardiovasculaires (pression artérielle).

Que nous apprend cette étude ?

Les auteurs (Mastroiacovo D., Kwik-Uribe C., Grassi D. et al) travaillant à l’université de L’Aquila en Italie, ont fait paraître leurs résultats dans la revue American Journal of Clinical Nutrition (ref. = 2015-101-pages 538-548). Ils montrent que le score MMSE est stable dans le temps et entre les groupes. En revanche, pour les trois autres tests, il existe une amélioration des performances entre le temps zéro et le temps 8 semaines et, surtout, cette amélioration est statistiquement supérieure dans le groupe HF par rapport aux deux autres groupes, avec un lien entre l’ampleur de l’effet et la dose.

En parallèle, les paramètres métaboliques et tensionnels évoluent de façon bénéfique selon la même tendance inter-groupe. Les auteurs attribuent les effets observés sur les performances intellectuelles aux flavanols ingérés. De plus, ils ébauchent un mécanisme d’action en avançant l’hypothèse que ces améliorations cognitives sont sous-tendues par les effets métaboliques (accroissement de la sensibilité à l’insuline) et tensionnels, eux-mêmes impactant favorablement la circulation cérébrale.

Que faut-il en retenir ?

Il s’agit d’une étude réalisée selon une méthodologie rigoureuse (tirage au sort des groupes, double aveugle,…) et déclarée au registre officiel des essais cliniques. Ces résultats sont donc a priori fiables, même si le sponsor qui a fourni les poudres chocolatées n’était autre que la compagnie Mars Inc.

Ces résultats viennent apporter des données nouvelles concernant les propriétés bénéfiques des flavanols du chocolat sur la fonction cognitive.

A noter que les quantités de flavanols (près de 1000 mg/jour pour le groupe HF) utilisées dans cette étude sont élevées, de l’ordre de 1.5 à 4 fois supérieures aux quantités moyennes présentes dans l’alimentation classique européenne.

En pratique, ces résultats sont une incitation à :

  • Ne pas bouder le chocolat, en particulier le chocolat noir.
  • Penser à diversifier son alimentation et à y inclure, selon les saisons, l’ensemble des aliments et des boissons riches en flavanols, en particulier : fève, pomme (avec sa peau), raisin (avec ses pépins), myrtille, abricot, thé (thé vert notamment).