Cabinet du Dr Brigitte Picandet

Manger lentement , d’accord mais comment y parvenir ?

La vitesse du repas est un facteur reconnu comme déterminant sur la quantité ingérée : de nouvelles études sortent régulièrement pour confirmer ce lien (voir références 1 à 3 ci-après). La plupart des personnes qui déclarent « manger trop vite » se sentent impuissantes face à cet automatisme qu’elles déplorent sans pouvoir le corriger.

Pour infléchir cette habitude vers un ralentissement bénéfique, plusieurs moyens peuvent être proposés. Tous éveillent l’attention du mangeur en particulier en début de repas mais ils le font par des techniques différentes. Par exemple, l’aide du sablier posé sur la table a été décrite antérieurement.

Un moyen développé récemment grâce à la technologie digitale consiste à utiliser une fourchette connectée qui a la propriété de vibrer, ou non, selon le rythme des bouchées. La fourchette est calibrée de sorte que le mangeur qui rapproche ses bouchées à un intervalle inférieur à 10 secondes perçoive, en temps réel, une légère vibration.

Une étude a été menée dans la faculté « Radboud » à Nimègue aux Pays-Bas, visant à mesurer l’effet de ce matériel chez des volontaires normo-pondérés (étudiants et personnel de la faculté) qui se considéraient être des mangeurs rapides.

Choix des aliments : quand le « Bio » et le « Med » font bon ménage

A l’heure des états généraux de l’alimentation, du Salon de l’Agriculture, la promotion de la consommation des aliments dits « bio » (issus de l’agriculture biologique) est omniprésente dans les médias.

Ainsi, la tendance à manger davantage selon le mode « Bio » se trouve renforcée, avec de bonnes raisons (santé, environnement, défense des petits producteurs…). Dans le même temps, les publications médicales de la sphère cardiologique ou oncologique vantent régulièrement les bienfaits préventifs de l’alimentation selon le mode méditerranéen.

Denrées saines et données sûres à propos des denrées : de l’importance de savoir faire la part des choses

Une tendance se développe dans notre comportement alimentaire, celle qui consiste à sélectionner les aliments les plus sains, notamment les aliments « bio ». Ce comportement est parfaitement compréhensible, mais une mise en garde toutefois mérite d’être signalée.

En effet, il peut devenir « disproportionné », amenant le sujet à consacrer un temps excessif à la préparation de ses plats, à s’isoler lors des repas, à réduire sa vie sociale, à avoir des croyances infondées à propos des aliments ou encore à invectiver ceux qui ne suivent pas la même attitude. A ce stade, ce type de comportement est pathologique, il s’agit du trouble décrit par les psychiatres sous le vocable d’orthorexie.

De nombreux auteurs, sur tous les continents, s’intéressent à ce phénomène, cherchant à en préciser les causes, à en déterminer la fréquence, et à en évaluer les risques potentiels.

Une des questions pratiques qui se pose en particulier : l’orthorexie peut-elle dériver vers l’anorexie ?

Temps consacré au repas : un temps précieux… à tout âge

Toutes les études récentes portant sur les différents médiateurs qui interviennent sur l’axe tube digestif <-> cerveau (cholécystokinine, GLP1…) sont concordantes pour montrer le lien entre une durée suffisamment longue du repas et une régulation adaptée de la prise alimentaire.

Ce qui avait déjà été observé par Brillat Savarin au XVIIIème siècle quand il décrivait avec un certain mépris les « gloutons » par opposition aux « gourmets » est aujourd’hui confirmé par les travaux scientifiques.

En d’autres termes, ceux qui mangent trop vite risquent de manger trop.

Partant de cette hypothèse, une étude a été menée aux Etats-Unis chez des enfants et adolescents volontaires, visant à expérimenter une méthode « douce » pour allonger la durée du repas (1).

Diète « méditerranéenne » : quel effet réel sur notre santé ?

Le mode alimentaire méditerranéen, dont l’une des variantes est connue sous le terme de « régime crétois », fait l’objet d’un nombre croissant d’études sérieuses. Elles visent essentiellement à évaluer les effets de ce mode alimentaire sur les indicateurs de bonne santé.

Un indicateur (exemple : pression artérielle) est rassurant quand il se trouve dans les normes. Toutefois, l’important est de considérer si le fait d’avoir un bon indicateur se limite à une simple satisfaction théorique ou s’il en découle un impact positif concret sur notre santé.

Par ailleurs, cet effet bénéfique attendu est–il observé chez tout le monde ou plutôt chez les sujets ayant des risques cardiovasculaires connus ?

Une étude récemment publiée (1) s’est intéressée à cette double question.